Lettre d'une amie à une mamange...

"Je ne t'ai jamais vu, mais je te connais si bien,
Depuis tous ces jours, j'imagine ton visage, tes grands yeux noirs,
Je ne t'ai jamais tenu dans mes bras, pourtant tu es dans mon cœur, là à côté des autres, tu y as ta place toi aussi, 
 
Je ne t'ai jamais rencontré mais je sais que tu existes, tu existes, 
tu es la réalité d'une femme que j'aime, 
D'une femme que tu as fait devenir mère, d'une femme brisée par ton absence, par ces pleurs qu'elle n'a jamais entendu, par ces yeux qui n'ont jamais croisé les siens
 
Elle ne se plaint pas tu sais, elle n'est pas du genre, elle s'accorde de parler de toi quelques fois, un petit peu, puis elle arrête, parce que ça fait trop mal on dirait, parce qu'elle a peur de ne pas réussir à arrêter de pleurer, parce qu'elle veut protéger ton souvenir, dans une petite boîte blanche qu'elle a construit au fond de son cœur.
 
J'aimerais te faire vivre aujourd'hui, à travers ces lignes, j'aimerais te parler,  parce que c'est un beau jour pour le faire,
J'aimerais te dire combien ta maman est belle, à toi qui n'a pas eu la chance de la voir, te dire combien elle est forte alors qu'elle ne cesse de me crier ses faiblesses, j'aimerais te dire qu'elle est drôle aussi, souvent elle ne le fait pas exprès, je te l'accorde, mais elle me fait rire, tous les jours, elle me fait rire...  
 
J'aimerais te dire que je l'aime, de toutes mes forces, que je prends soin d'elle comme je peux, je suis une béquille quand elle se donne le droit de flancher, j'essaie de la rassurer car souvent elle a très peur, même que je fais ça bien, elle ne voit même pas que j'ai peur plus encore, 
je la laisse crier pour des bêtises parfois, sans répondre, c'est pour tout ce qu'elle ne crie pas, pour tout ce qu'elle garde dedans.
 
J'aimerais te dire qu'elle est une bonne maman, de celles qui font de leur mieux, de celles qui aiment si fort, 
 
J'aimerais que tu saches combien je l'admire, pour tout ce qu'elle accomplit chaque jour, malgré tout.. sans toi dans les bras et cette petite boîte au fond du cœur,
 
 
Garde un œil sur elle de là où tu es, je me charge du reste ici bas"